Ne restez pas silencieux au travail par crainte de perdre votre statut d'immigrant : la loi de l'Ontario protège vos droits !

Eddy Ramirez
Août 4, 2026

L'une des craintes les plus courantes au sein de la communauté immigrée de l'Ontario est de se retrouver sans statut légal dans le pays. Peu importe que la personne soit arrivée au Canada en tant que travailleur temporaire, demandeur d'asile, résident permanent en cours de procédure, ou même sans statut légal. 

Que vous soyez arrivé il y a deux mois ou deux ans, le sentiment est le même, et le pire, c'est qu'il y a de fortes chances que vous ayez déjà entendu des phrases telles que : 

« Tu ferais mieux de ne rien dire, au risque de perdre ton emploi ou ton statut. » 

Constater l'existence de cette crainte est triste, car c'est précisément ce dont un employeur opportuniste a besoin pour l'utiliser à son avantage dans une situation professionnelle donnée. 

La question est de savoir si la loi le lui permet…

Dans cet article, je vais vous expliquer la réalité juridique qui se cache derrière cette crainte infondée, en commençant par préciser qu'un immigrant au Canada bénéficie de droits du travail, quel que soit son statut. 

Si cela vous interpelle, lisez cet article jusqu’au bout et découvrez les obligations légales minimales que tout employeur doit respecter sans compromettre le statut migratoire du salarié.

La loi ne demande pas comment l'employé est arrivé au Canada

Le statut migratoire d'un salarié ne détermine pas s'il bénéficie ou non de droits du travail. Il en bénéficie tout simplement en vertu de la loi.

En Ontario, deux lois principales protègent toutes les personnes qui travaillent, quel que soit leur statut d'immigration :

1. La loi sur les normes d'emploi (Employment Standards Act, ESA), qui définit les exigences légales minimales que tout employeur doit respecter. 

Les voici :

  • Salaire minimum. 
  • Heures de travail.
  • Pauses.
  • Vacances.
  • Paiement à la fin du contrat, et plus encore. 

La loi ne fait aucune distinction en matière d'immigration !

L'ESA s'applique à toute personne travaillant en Ontario, qu'il s'agisse d'un citoyen, d'un résident permanent, d'un titulaire d'un permis de travail, d'un demandeur d'asile ou même d'une personne dont le statut migratoire n'est pas régularisé. 

Remarque : si vous avez travaillé, vous avez le droit d'être rémunéré conformément à la loi. En cas de licenciement, vous disposez de droits au moment de cette mesure, mais aussi pendant toute la durée de votre emploi. 

Les immigrés ont des droits garantis par la loi, et ceux-ci doivent être respectés. 

2. Le Code des droits de la personne de l'Ontario, qui interdit à un employeur de faire preuve de discrimination à l'égard d'un salarié en raison de son lieu d'origine, de son ascendance, de son appartenance ethnique ou de sa nationalité. 

Cela signifie que votre patron ne peut pas vous traiter différemment de vos collègues natifs sans que vous puissiez vous en plaindre ; il ne peut pas non plus vous refuser le droit légal à une promotion, et encore moins vous licencier pour des raisons futiles telles que le fait de ne pas être né au Canada, d'avoir un accent latino-américain ou parce que votre nom « sonne étranger ». 

En bref, la discrimination ne constitue pas un motif légal de licenciement et n'entraîne pas la vulnérabilité de l'étranger face aux pouvoirs publics.

Il n'est pas non plus laissé pour compte s'il travaille dans le cadre d'un permis délivré au titre d'un programme d'immigration ou d'emploi temporaire. 

En fait, il existe une troisième couche de protection : 

3. La loi sur la protection de l'emploi des ressortissants étrangers (EPFNA). Cette loi s'applique spécifiquement aux ressortissants étrangers et interdit expressément à l'employeur ou à un recruteur de leur facturer des commissions pour l'obtention d'un emploi, de leur confisquer leur passeport ou leur permis de travail, ou de les intimider lorsqu'ils s'informent de leurs droits ou les font valoir.

La loi mise en pratique

Les lois expliquées ci-dessus signifient que peu importe que vous vous trouviez dans l'une ou l'autre de ces situations :

  • Il travaille avec un permis fermé, qui est lié à un seul employeur, dans une province spécifique et unique pour cet emploi.
  • Il attend une décision concernant sa demande d'asile.
  • Son statut est « en cours de traitement » ou il ne dispose d'aucun document.
  • Il est dans le pays depuis trois semaines ou depuis quinze ans.

La loi vous protège et vous garantit le droit de percevoir le salaire minimum, de bénéficier de vos temps de repos, de respecter la durée maximale de travail et de déposer une plainte auprès du ministère du Travail si vous n'êtes pas rémunéré comme il se doit ou si vous êtes licencié de manière abusive. 

De plus, vous avez le droit de déposer une plainte auprès du Tribunal des droits de la personne de l'Ontario si vous avez été victime de discrimination.

« Mais si je me plains, est-ce qu'ils ne risquent pas d'alerter les services de l'immigration ? »

C'est la question qui revient le plus souvent lors des consultations. Les gens ont tendance à penser que s'ils règlent d'un côté leur situation professionnelle, ils devront de l'autre faire face à des questions d'immigration, ce à quoi je répondrai en toute responsabilité : 

Il est illégal que votre employeur vous menace de vous dénoncer aux services de l'immigration ou à l'ASFC parce que vous faites valoir vos droits du travail. En effet, cette menace constitue en soi une violation de la loi au titre de l'EPFNA. 

Pour que vous soyez encore plus rassuré, ni le ministère du Travail n'enquête sur les plaintes salariales en fonction du statut migratoire des plaignants, ni le Tribunal des droits de la personne de l'Ontario n'exige que la personne concernée révèle son statut pour déposer une plainte pour discrimination. 

En tant qu'avocate spécialisée en droit de l'immigration, je comprends parfaitement les raisons de cette peur ; après tous les efforts déployés pour venir s'installer dans ce pays et y rester, l'idée de pouvoir être expulsé provoque un sentiment de désarroi. 

Mais la réalité juridique et la peur sont deux choses différentes, et il vaut mieux connaître la différence avant de rester silencieux face à une situation injuste.

Découvrez ce qu'il faut faire si vous pensez que vos droits sont bafoués

Dans les situations où votre employeur fait ou tente de faire ce qui suit :

  • De lui verser un salaire inférieur au salaire minimum.
  • Le faire travailler plus d'heures que ce qui est autorisé sans son consentement.
  • Confisquer son passeport ou son permis de travail.
  • Le traiter différemment en raison de son accent, de ses origines ou de son apparence.
  • Le menacer de « le dénoncer » s'il se plaint.
  • Le licencier sans lui donner le préavis ni le verser l'indemnité prévus par la loi.

N'oubliez pas que la loi est de votre côté ; vous n'êtes pas obligé de régler cette situation tout seul, et vous ne devez surtout pas vous taire ni craindre de perdre votre statut ou d'être expulsé. 

Vous devez comprendre ce à quoi vous avez légalement droit et faire valoir vos droits. 

Chez Immiland Law Professional Corporation, nous sommes là pour vous accompagner et traiter votre dossier avec professionnalisme.

Vous avez des doutes concernant une situation spécifique au travail et vous avez l'impression que cela compromet votre statut ?

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Chez Immiland Law, nous sommes là pour vous aider à vous installer légalement au Canada et à protéger vos droits.

J'espère que ces informations vous rassureront et vous permettront de savoir comment procéder correctement.

Avec toute mon affection,

‍Immiland Law Professional Corporation