Récemment, j'ai croisé un salarié étranger qui se plaignait de la façon dont il se sentait au sein de l'entreprise.
Il s'avère qu'à son arrivée en Ontario, il a été embauché en tant que « prestataire indépendant » ou « freelance ». On lui a expliqué qu'il devrait établir des factures au lieu de recevoir un formulaire T4, qu'il n'y aurait pas de retenues d'impôt automatiques et qu'il devrait gérer lui-même ses propres « avantages sociaux ».
Cela semblait simple et attrayant.
Au début, il appréciait de pouvoir gérer son temps comme il l'entendait, ce qui lui offrait davantage de souplesse pour accepter d'autres missions, mais au bout de quelques mois, la situation a changé.
Tout à coup, il devait respecter des horaires, son travail a commencé à être supervisé directement et il a commencé à recevoir des consignes qui ne figuraient pas dans son contrat.
Quand je lui ai demandé : « Ton quotidien ressemble-t-il à celui d'un travailleur indépendant ou à celui d'un salarié ? », il m'a répondu sans hésiter : « À celui d'un salarié. »
J'ai donc jugé important d'écrire cet article sur la manière dont la législation canadienne protège les travailleurs étrangers contre ces abus au travail.
Si cette situation vous semble familière, lisez cet article jusqu'au bout et découvrez ce que vous pourriez perdre sans le savoir si l'on vous qualifie de « prestataire » alors que vous travaillez en tant que salarié.
En vertu de la loi sur les normes d'emploi (Employment Standards Act, ESA), un travailleur est présumé être salarié, sauf si l'employeur peut prouver le contraire. Cela signifie que la charge de la preuve ne vous incombe pas, mais à votre employeur !
Les tribunaux et le ministère du Travail ne s'arrêtent pas au nom ou au titre attribué à votre poste ; ils examinent la nature réelle de la relation de travail.
Les questions qu'ils posent sont, en substance :
Si vous vous faites simplement rémunérer à l'heure ou par service sans courir ce risque, vous n' exercez pas votre activité en tant qu'entreprise indépendante.
Aucun de ces facteurs n'est déterminant à lui seul. Les tribunaux tiennent compte de l'ensemble des éléments.
Cependant, un schéma courant — et très fréquent — est justement le suivant :
- On lui a rédigé un contrat de «prestataire », mais au quotidien, on le traite exactement comme un salarié.
- Il a des horaires fixes, est placé sous supervision directe, doit utiliser les outils de l'entreprise et est tenu à l'exclusivité.
D'un point de vue juridique, cela relève généralement d'une erreur de classification.
Dans le monde du travail au Canada, on parle de « classification erronée » (misclassification) lorsqu'un employeur qualifie à tort un travailleur d'« entrepreneur indépendant » au lieu de le classer comme « salarié » (employee).
Cette pratique vise, la plupart du temps, à contourner les obligations légales et les coûts liés au droit du travail.
Le fait de le classer comme « Contractor » — même s’il s’agit en réalité d’un salarié — permet à l’employeur d’échapper à :
Pour vous, cela signifie que vous avez travaillé sans bénéficier du filet de sécurité que la loi vous garantit, sans le savoir ou sans qu’on vous l’ait clairement expliqué.
Si vous avez travaillé en tant que « prestataire indépendant » mais que vous répondez en réalité au profil d'un salarié, vous pourriez avoir le droit de réclamer, avec effet rétroactif :
Il ne s'agit pas là d'une subtilité juridique sans conséquence. Pour quelqu'un qui a travaillé pendant des mois, voire des années, en pensant ne pas bénéficier de ces droits, la différence peut se chiffrer en milliers de dollars.
Réfléchissez à ces questions et répondez-y en toute honnêteté :
Si vous avez répondu « oui » à la plupart de ces questions, il serait judicieux de faire examiner votre situation en détail par un conseiller qualifié — car la mention « Entrepreneur » figurant dans votre contrat pourrait ne pas correspondre à ce que la loi reconnaît réellement.
Avez-vous besoin de conseils juridiques pour déposer une plainte pour abus liés à votre contrat en tant que « prestataire indépendant » au Canada ?
Remplissez ce formulaire et donnez-nous plus de détails afin que nous puissions déterminer si nous pouvons vous représenter.
Chez Immiland Law, nous sommes là pour vous aider à vous installer légalement au Canada et à protéger vos droits.
J'espère que ces informations vous rassureront et vous permettront de savoir comment procéder correctement.
Avec toute mon affection,
Immiland Law Professional Corporation