J'ai été licencié au Canada et mon permis de travail a expiré ! Qu'adviendra-t-il de mon statut et de mes droits ?

Eddy Ramirez
Juillet 28, 2026

Se retrouver sans emploi au Canada est une épreuve particulièrement difficile pour un immigrant, d'autant plus si son permis de travail est « fermé », c'est-à-dire « lié » à un seul employeur. 

Dans cette situation, il est normal d'éprouver cette peur typique : « J'ai perdu mon emploi, comment vais-je m'en sortir maintenant ? ».

Et si l'on ajoute à cela l'incertitude liée au fait de ne pas savoir ce qu'il adviendra de son statut migratoire, ce sentiment de vulnérabilité s'aggrave encore davantage.

Mais séparons bien les deux choses ! 

S'il est vrai que le licenciement soulève deux problèmes distincts que vous devez résoudre simultanément – votre situation en matière d'immigration et vos droits du travail –, il n'en reste pas moins que vous n'êtes pas totalement sans protection.

En tant qu'avocate spécialisée en droit de l'immigration canadienne, je tiens à vous rassurer : vous disposez de plusieurs options pour poursuivre votre parcours professionnel. Lisez ce blog jusqu'au bout et évaluez-les en fonction de votre situation. 

 

Tout d'abord, le plus urgent : votre permis n'est pas automatiquement annulé !

Le fait qu'il soit licencié ne signifie pas que son statut au Canada prend fin le jour même. 

Votre permisde travailfermé (closed work permit) reste valable jusqu'à la date d'expiration initiale qui y est indiquée, même si vous ne travaillez plus pour cet employeur. Cela vous laisse un délai pour chercher d'autres opportunités ; ce délai n'est pas illimité, mais il existe et il faut en profiter.

IMPORTANT ! Vous devez bien comprendre ce qui suit : un permis de travail fermé vous autorise à travailler uniquement pour l'employeur, au poste et sur le lieu de travail spécifiques indiqués dans le document. 

AVERTISSEMENT : Travailler pour quelqu’un d’autre sans autorisation appropriée, même à titre temporaire, ou sous prétexte de « simplement subvenir à mes besoins en attendant de trouver un emploi », met en péril votre statut migratoire. Cette justification ne relève pas d’une zone grise. Il n’existe aucune circonstance atténuante liée à la nécessité économique, ni aucun fondement juridique fondé sur la bonne foi du travailleur.

Possibilités de reprendre le travail

En fonction de votre situation, vos options générales comprennent généralement :

  • Demander un nouveau permis de travail auprès d'un autre employeur depuis le Canada, si votre statut est toujours valide
  • Dans certains cas, demander l'autorisation de commencer à travailler pendant que votre nouvelle demande est en cours de traitement
  • Si votre licenciement était lié à des conditions d'exploitation, à des abus ou à un risque d'abus de la part de l'employeur, vous pourriez être éligible à un permis de travail ouvert pour travailleur vulnérable, un document qui vous permet de travailler pour n’importe quel employeur le temps que votre situation soit réglée

Chacune de ces voies présente des conditions spécifiques ; il est donc conseillé, avant de prendre une décision, et surtout avant de commencer à travailler pour un nouvel employeur, de vérifier précisément quelle option s'applique à votre cas.

Deuxièmement : vos droits du travail ne disparaissent pas du simple fait que votre permis soit suspendu.

Faites bien attention à ce point, car c'est un détail que beaucoup de gens ignorent (et que votre ancien employeur ne vous expliquera probablement pas) : 

  • Le fait que votre permis soit lié à cette entreprise ne signifie pas que l'employeur ait le contrôle de la situation ou qu'il puisse vous licencier selon ses propres règles

Au Canada, la législation du travail de la province de l'Ontario est claire : elle protège de la même manière les citoyens canadiens et les travailleurs étrangers. 

Son statut migratoire ne donne pas le droit à l'entreprise de contourner la loi ni de le laisser sans protection. 

En cas de licenciement, vous bénéficiez des mêmes droits en vertu du droit du travail. Cela signifie que, selon votre situation, vous pourriez avoir droit à :

  • Préavis de licenciement ou indemnité de licenciement, en fonction de l'ancienneté au sein de l'entreprise, en vertu de la loi sur les normes d'emploi (ESA).
  • Indemnité de licenciement (indemnité de licenciement), qui, dans certains cas, peut être différente et supérieure au minimum prévu par l'ESA en vertu de la Common Law (droit fondé sur les précédents établis par les juges), notamment si le salarié occupait son poste depuis longtemps.
  • Paiement des salaires, des heures supplémentaires, des indemnités de congés payés ou des commissions en suspens qui ne vous ont pas encore été versées
  • Une enquête pour discrimination, si votre licenciement était lié à votre lieu d'origine, à votre nationalité, à votre grossesse, à un handicap ou à tout autre motif protégé par le Code des droits de la personne.
  • Une protection supplémentaire si vous avez été licencié en représailles pour avoir posé des questions sur vos droits, pour avoir refusé d'effectuer une tâche qui vous mettait en situation de danger, physique ou émotionnel, ou pour avoir signalé un abus.

Le piège le plus courant : signer à la hâte par crainte de perdre son statut

Lorsqu'un étranger travaille avec un permis à durée déterminée, la crainte de se retrouver sans emploi valide peut le pousser à accepter la première offre de l'employeur, pour « en finir rapidement ». 

Cette proposition prend généralement la forme d'un chèque à encaisser immédiatement, d'un document à signer sur-le-champ ou d'une simple promesse verbale. Même s'il est tout à fait compréhensible de ressentir cette urgence en raison de la pression, y céder faute de conseils constitue une grave erreur.

À ce moment précis, céder à la panique est le moyen le plus rapide de perdre son argent et de renoncer à ses droits du travail.

Avant de signer tout document de règlement ou décharge (accord de décharge de responsabilité ou accord de règlement), vous devez examiner attentivement les points suivants :

  • Le montant total : Vérifiez si la somme qui vous est proposée dans le document couvre réellement l'ensemble des prestations minimales garanties par la loi de l'Ontario.
  • L'indemnité selon le droit commun: Vérifiez si vous avez droit à une indemnité de licenciement calculée sur la base de la jurisprudence, dont le montant est généralement bien plus élevé et que l'employeur n'inclut presque jamais de sa propre initiative.
  • La validité du contrat : Vérifier si la clause de résiliation de votre contrat de travail initial était réellement valide au regard de la loi sur les normes d'emploi (Employment Standards Act, ESA), car si elle est mal rédigée, elle est nulle et l'entreprise est tenue de vous verser une indemnité plus élevée.
  • Discrimination ou représailles : Déterminez si votre licenciement comportait un élément de discrimination ou de sanction pour avoir fait valoir vos droits, ce qui changerait complètement la donne juridique en votre faveur.

Pourquoi est-il si dangereux de signer une décharge à la hâte ? 

Parce que signer un décharge revient, littéralement, à signer un accord de renonciation. En apposant votre signature, vous garantissez légalement à l’entreprise que vous renoncez à votre droit d’intenter une action en justice ou de réclamer davantage d’argent à l’avenir, même si vous découvrez par la suite que l’indemnité de licenciement a été mal calculée ou que le licenciement était illégal. 

Il s'agit donc d'une décision définitive qui doit être prise sans la pression du temps ni la panique du moment.

Recommandations

En cas de licenciement alors que vous êtes titulaire d'un permis de travail à durée déterminée, sachez que vous êtes confronté à deux situations soumises à des délais distincts : la procédure d'immigration (pour maintenir la légalité de votre séjour au Canada) et la procédure de réclamation en matière de droit du travail (pour réclamer votre indemnité de fin de contrat et votre indemnisation financière). 

Le fait de régler rapidement la première affaire ne signifie pas que vous deviez régler la seconde sous la pression, ni que vous deviez accepter moins que ce que la loi vous reconnaît. 

  • Ne vous précipitez pas pour signer un document de règlement sous l'effet de la panique du moment.
  • Ne confondez pas la fin de votre contrat de travail avec la fin de votre statut juridique. Demandez conseil à un avocat pour savoir comment modifier votre statut migratoire.
  • N'acceptez pas un nouvel emploi sans l'autorisation nécessaire.

A-t-il été licencié et son permis de travail est-il lié à un employeur spécifique ?

‍Remplissez ce formulaire et donnez-nous plus de détails afin que nous puissions déterminer si nous pouvons vous représenter.

Chez Immiland Law, nous sommes là pour vous aider à vous installer légalement au Canada et à protéger vos droits.

J'espère que ces informations vous rassureront et vous permettront de savoir comment procéder correctement.

Avec toute mon affection,

‍Immiland Law Professional Corporation