C'est pour faire traiter vos papiers ? Attention !

Eddy Ramirez
Août 17, 2026

Jusqu'à quand continuerons-nous à entendre au Canada des affirmations erronées comme celles-ci ?

  • « C'est comme ça pour ceux qui n'ont pas de statut. »
  • « Ton statut migratoire signifie que tu as moins de droits, voire aucun. »

Jusqu'à quand les travailleurs étrangers continueront-ils à se faire tromper avec cette phrase : « C'est pour régler vos formalités administratives », alors qu'en réalité, on leur confisque simplement leurs documents !

Si vous êtes arrivé dans le pays en tant que travailleur étranger, demandeur d'asile ou titulaire d'un permis temporaire, quel qu'il soit, il est probable que, à un moment ou à un autre, quelqu'un vous ait dit l'une de ces phrases. Que ce soit un employeur, un recruteur ou même l'un de vos collègues.

Mais ce qu'ils disent n'est pas vrai !

Il existe en Ontario des lois spécifiques destinées à protéger les travailleurs étrangers contre ce genre de propos et d'abus.

Dans cet article, je vais vous expliquer comment la législation canadienne du travail vous protège contre cinq pratiques que votre employeur n'a pas le droit d'adopter, quels que soient votre statut, votre type de permis ou tout document que vous auriez signé.

Les 5 choses que votre employeur n'a pas le droit de faire

1. Lui facturer une commission pour lui avoir trouvé un emploi

En Ontario, si un recruteur ou un employeur vous fait payer ou vous demande de payer pour vous aider à obtenir le poste, il commet un acte illégal. 

La loi sur la protection de l'emploi des ressortissants étrangers (EPFNA) interdit à tout recruteur de percevoir des commissions auprès d'un travailleur étranger pour des services liés à la recherche d'un emploi, que ce soit de manière directe ou indirecte. 

Il n'est pas non plus autorisé à votre employeur de tenter de récupérer ces frais par le biais de retenues sur votre salaire, même si le prélèvement initial a été effectué par un tiers. 

IMPORTANT : Si vous avez dû payer pour obtenir votre emploi, sachez qu’il existe un recours légal pour réclamer cet argent. Il y a d’ailleurs eu récemment en Ontario des affaires où le remboursement de plus de 150 000 $ a été ordonné à des employeurs qui avaient perçu des commissions illégales.

2. Retirer ou retenir son passeport ou son permis de travail

Votre employeur ou votre recruteur n'a pas le droit de vous retirer ni de conserver aucun document personnel, qu'il s'agisse de votre passeport, de votre permis de travail, de votre acte de naissance ou de tout autre document d'identité. 

Ces documents constituent votre principale protection en matière d'immigration. 

Parfois, sous prétexte que « c'est pour traiter vos formalités administratives », « c'est pour des raisons de sécurité » ou « c'est la politique de l'entreprise », les employeurs confisquent ces documents, voire les retiennent, ce qui constitue une violation directe de la loi, et non une simple « procédure administrative ».

REMARQUE : Si votre employeur détient actuellement vos documents, invoquez la loi. Vous avez le droit de les récupérer.

3. Le menacer ou exercer des représailles s'il pose des questions sur ses droits

Si vous décidez de vous renseigner sur vos droits, de déposer une plainte ou simplement de demander des explications concernant vos conditions de travail, votre employeur ne peut ni vous licencier pour cette raison, ni vous sanctionner en réduisant votre salaire, ni tenter de vous intimider par les menaces habituelles :

« Je vais te dénoncer aux services de l'immigration » ou « Je vais annuler ton permis ». 

Ce type d'intimidation est expressément interdit par la loi.

Cette protection s'applique également à des situations pouvant être considérées comme mineures. Par exemple, si vous avez posé une question concernant le respect de vos droits, sans même avoir déposé de plainte officielle. 

Au Canada, il n'est pas nécessaire d'avoir engagé une procédure judiciaire pour être protégé contre les représailles. La loi s'applique d'elle-même.

4. Lui faire signer un document qui le prive de ses droits

Aucun contrat, accord verbal ou document que vous signez ne peut vous faire renoncer à vos droits en vertu des lois de l'Ontario, même si vous l'avez « accepté de votre plein gré ». 

Peu importe que le contrat ait été rédigé en anglais et que vous n'ayez pas été en mesure de le comprendre entièrement au moment de le signer.

Cela s'applique aussi bien à vos protections en tant que travailleur étranger qu'à vos droits fondamentaux en vertu de la loi sur les normes du travail (Employment Standards Act) : 

- Salaire minimum, limite d'heures de travail, heures supplémentaires, pauses. 

REMARQUE : toute clause visant à vous priver de l'un de ces droits est tout simplement nulle, quel que soit le nombre de signatures qu'elle comporte.

5. Le traiter différemment en raison de son origine, de son accent ou de sa nationalité

Des éléments tels que le lieu d'origine, l'ascendance, l'origine ethnique ou la nationalité du salarié ne constituent pas des critères pour l'embauche, l'octroi d'une promotion, le maintien de relations respectueuses au quotidien sur le lieu de travail ou une différence de traitement en cas de licenciement. 

En vertu du Code des droits de la personne de l'Ontario, aucun employeur ne peut invoquer ces éléments pour justifier un traitement différent à l'égard d'un salarié. 

Tu ne peux pas non plus invoquer ton accent comme excuse pour justifier que tu sois à la hauteur ou non de tes fonctions, ni les remarques sur « l'expérience canadienne » utilisées pour t'écarter du poste.

Aucune forme de moquerie liée à l'origine d'un salarié n'est tolérée. La loi protège tout le monde de la même manière, indépendamment du statut migratoire, et s'applique à toute personne travaillant en Ontario.

La loi le protège, quel que soit son statut migratoire

Dans le cadre professionnel, aucun étranger ne doit craindre que son employeur menace d'utiliser des informations relatives à son statut migratoire contre lui. 

Ces cinq mesures de protection s'appliquent sans qu'il soit nécessaire que l'étranger dispose d'un statut migratoire « parfait » ou réglé. 

Il n'est pas nécessaire de divulguer des détails concernant votre procédure d'immigration pour déposer une plainte auprès du ministère du Travail, pas plus qu'il n'est nécessaire d'avoir la nationalité française ou le statut de résident permanent pour bénéficier de la protection offerte par ces lois. 

Chez Immiland Law, nous comprenons qu'un travailleur étranger puisse craindre de perdre son statut et que cela l'amène à tolérer des injustices, mais cela ne doit pas être la norme.

Aucun employeur n'est au-dessus des lois, vous pouvez donc être tranquille. 

Si vous ne savez pas comment procéder, demandez conseil à un spécialiste. Notre équipe d'avocats et de consultants agréés se tient à votre disposition.

Êtes-vous confronté(e) à une situation professionnelle injuste au Canada ? 

‍Remplissez ce formulaire et donnez-nous plus de détails afin que nous puissions déterminer si nous pouvons vous représenter.

Chez Immiland Law, nous sommes là pour vous aider à vous installer légalement au Canada et à protéger vos droits.

J'espère que ces informations vous rassureront et vous permettront de savoir comment procéder correctement.

Avec toute mon affection,

‍Immiland Law Professional Corporation