On a du mal à y croire, mais ce que je vais vous raconter se passe encore aujourd’hui, en plein XXIe siècle.
Certains employeurs tiennent des propos humiliants à l'égard de leur personnel étranger, en utilisant des phrases telles que :
Si vous avez déjà entendu des propos de ce genre de la part de votre employeur, sachez que c'est illégal. Ne laissez pas cela se reproduire et ne laissez pas cette situation continuer à semer la peur chez vous ou chez vos collègues.
Dans cet article, je vais vous expliquer pourquoi cette menace, en soi, ne remet pas en cause votre statut et est illégale en Ontario.
Peu importe que votre employeur la respecte ou non. Vous êtes protégé par le droit du travail contre les abus de pouvoir !
L'ASFC est l'Agence des services frontaliers chargée des douanes, de l'immigration et de la sécurité au Canada.
Aucun employeur n'a le pouvoir légal de faire expulser un salarié étranger, car il s'agit d'une procédure judiciaire relevant exclusivement des autorités fédérales, à l'issue d'une évaluation formelle.
Il n'est pas nécessaire qu'un employeur signale un travailleur étranger à l'ASFC pour qu'il y ait infraction à la loi. Il suffit qu'il menace de le signaler, qu'il laisse entendre qu'il va le faire ou qu'il s'en serve comme moyen de pression.
En vertu de la loi sur les normes d'emploi (Employment Standards Act, ESA), un article spécifique est consacré à la question des menaces sur le lieu de travail ; il s'intitule « Protection contre les représailles ».
La loi interdit à un employeur d'intimider, de licencier, de sanctionner de quelque manière que ce soit, ou simplement de menacer de prendre ces mesures, à l'encontre d'un salarié qui s'informe de ses droits, dépose une plainte ou tente de faire valoir une protection prévue par la loi.
Au Canada, la loi est si catégorique que la menace elle-même suffit à déclencher la protection du salarié; il n'est pas nécessaire que l'employeur ait mis sa menace à exécution.
Si la situation professionnelle implique un permis de travail lié à un programme d'immigration ou à un emploi temporaire, la protection juridique est renforcée et tout aussi directe.
La loi sur la protection de l'emploi des ressortissants étrangers (EPFNA) interdit expressément à un employeur ou à un recruteur d'intimider ou de sanctionner un travailleur étranger qui s'informe de ses droits ou tente de les exercer.
Cela correspond exactement au type de menace liée à votre statut migratoire.
Malheureusement, la menace de dénoncer le statut migratoire fonctionne souvent. La crainte de se retrouver en situation irrégulière dans le pays ou de compliquer une procédure d'immigration en cours est l'une des plus profondes qu'un étranger puisse éprouver.
Personne ne veut rentrer dans son pays après tant d'efforts.
Certains employeurs savent que les immigrés vivent dans un stress permanent, car ils doivent sans cesse faire coïncider les dates, les documents et leur statut légal ; ils profitent donc de cette situation en utilisant délibérément la peur de leurs propres salariés comme moyen de contrôle.
L'abus de pouvoir au travail n'est ni le fruit du hasard ni un malentendu : c'est un moyen de réduire au silence une personne qui, autrement, aurait le droit de réclamer ce qui lui revient.
L'erreur que commettent ces employeurs est de croire que les immigrés ne sont pas capables de lire et de s'informer sur leurs droits.
IMPORTANT : Le fait qu'une menace ait un impact émotionnel ne signifie pas pour autant qu'elle soit légale. C'est précisément pour lutter contre ce type de comportement que ces lois préventives ont été élaborées.
Plus le travailleur étranger est informé de ses droits, plus il renforce sa propre protection juridique.
Outre les phrases explicites que vous venez de lire ci-dessus, il en existe d'autres qui vont plus loin que : « Je vais te dénoncer. »
Cela compte également lorsqu’un employeur exerce une pression de manière détournée. Par exemple :
Chacune de ces formes de pression, utilisées pour vous dissuader d'exercer vos droits, peut constituer une infraction à la loi, même si aucun signalement n'est effectivement transmis à l'ASFC.
Face à ce sentiment compréhensible de peur et à la gravité de la situation, accordez-vous un moment de calme et suivez ces étapes :
Remarque : une menace de ce type peut, en soi, constituer un élément de preuve dans le cadre d'une réclamation, et pas seulement le problème initial pour lequel vous souhaitiez porter plainte.
Votre employeur vous a-t-il menacé de vous dénoncer aux services de l'immigration et avez-vous besoin de défendre votre statut ?
Remplissez ce formulaire et donnez-nous plus de détails afin que nous puissions déterminer si nous pouvons vous représenter.
Chez Immiland Law, nous sommes là pour vous aider à vous installer légalement au Canada et à protéger vos droits.
J'espère que ces informations vous rassureront et vous permettront de savoir comment procéder correctement.
Avec toute mon affection,
Immiland Law Professional Corporation