Permis de travail fermé avec LMIA : changements susceptibles de poser des problèmes avec IRCC

Eddy Ramirez
28 février 2026

Au Canada, une augmentation de salaire pour un Latino peut sérieusement enfreindre la loi. 

De nombreux étrangers titulaires d'un permis de travail restreint et d'un LMIA positif arrivent au Canada avec un poste et un salaire fixes. Au fil du temps, leurs performances commencent à se démarquer et le propriétaire de l'entreprise décide d'augmenter leur salaire ou d'améliorer leur poste afin de les retenir. 

Bien que cela semble être une bonne stratégie, c'est en réalité une erreur. 

Les employeurs ne peuvent pas modifier librement les rémunérations ni attribuer de nouvelles fonctions, car ils enfreignent alors la loi sans le savoir. 

Dans cet article, je vais expliquer pourquoi les modifications apportées au permis de travail restreint avec LMIA positif peuvent poser des problèmes avec IRCC et comment les éviter.

Lisez jusqu'à la fin pour comprendre ce qui est autorisé et ce qui ne l'est pas, et pourquoi cette règle existe au Canada.

Pourquoi une augmentation de salaire peut-elle poser un problème juridique ? 

Améliorer les conditions de travail au Canada peut s'avérer plus risqué que bénéfique si l'on ne connaît pas la loi. 

De nombreux employeurs et employés pensent qu'une augmentation de salaire ou une promotion sont toujours une bonne nouvelle. Cependant, lorsqu'il s'agit d'un permis de travail fermé avec LMIA positif, il faut être très prudent, car tout changement peut être interprété comme une violation (breach) des conditions initiales. 

Si l'agent de l'IRCC ou l'organisme chargé d'évaluer le marché du travail, Emploi et Développement social Canada (EDSC), détecte des incohérences par rapport au contrat initialement établi, il commencera à soupçonner une fraude au système d'immigration. Cela entraînera des sanctions pour le statut du travailleur et des amendes importantes pour l'entreprise, entre autres problèmes. 

Important : Pour éviter toute sanction, il est nécessaire de bien comprendre le fonctionnement du système canadien en matière d'emploi lorsqu'il s'agit d'immigrants. 

Ce que l'entreprise (et le salarié également) doit savoir, c'est ce qui est autorisé et ce qui ne l'est pas, quelles sont les limites exactes des ajustements salariaux et des changements de poste.

Modifications autorisées 

Si l'employeur souhaite augmenter le salaire, l'ajustement doit remplir au moins l'une des conditions suivantes pour être légalement valable sans nouvelle procédure :

  • L'augmentation salariale ne doit pas dépasser 2 % du montant initial.
  • Le salaire peut être aligné sur le salaire moyen (Prevailing Wage) de la région et du poste.
  • Il est permis d'ajuster le salaire en fonction du taux d'inflation actuel (IPC - Indice des prix à la consommation au Canada : 2,4 %).

Modifications non autorisées 

Que se passe-t-il si l'employeur souhaite augmenter le salaire au-delà de ces pourcentages ? 

Si l'augmentation dépasse l'une des conditions ci-dessus, l'employeur doit présenter une nouvelle demande de LMIA auprès du gouvernement.

Les changements de fonctions ou de poste (NOC) au sein d'un même emploi nécessitent également de demander un nouveau LMIA positif. 

Important : Il n'est pas nécessaire de présenter une nouvelle demande de LMIA positive si :

  • L'ajustement des fonctions est minime (tâches administratives supplémentaires, jamais de changement de titre ou de responsabilités qui le ferait passer à une autre catégorie professionnelle) et n'affecte pas l'activité principale du poste.
  • L'augmentation salariale, même si elle est supérieure à 2 %, reste dans les limites du salaire en vigueur.
  • Cette augmentation correspond strictement à l'ajustement pour inflation selon l'IPC.

Remarque : voir la vidéo « Augmentation salariale au Canada : NON AUTORISÉE - LMIA », qui explique en détail pourquoi le Canada est si strict avec ces mesures et ce qu'il en est des permis accordés dans le cadre de l'ALE ou de la Mobilité francophone.

Pourquoi cette règle existe-t-elle derrière le LMIA ? 

Le Canada est ouvert à l'immigration, mais il protège également sa communauté. Il ne s'agit pas seulement de croissance économique grâce à la main-d'œuvre, mais aussi de préservation de son propre capital humain. 

Lorsqu'un employeur décide d'embaucher un étranger, il doit présenter une demande de LMIA positive, c'est-à-dire une évaluation du marché du travail démontrant qu'il a fait des efforts de recrutement au Canada, y compris via l'offre de la Banque d'emplois, mais qu'aucun candidat qualifié ou canadien n'a postulé pour le poste. 

C'est pourquoi, si un employeur décide de récompenser son employé latino-américain méritant en lui offrant un salaire supérieur à celui convenu dans son offre, le gouvernement interprète cette offre comme une tromperie visant à éviter d'embaucher des locaux. 

Risques : que peut-il se passer ? 

L'ESDC, par l'intermédiaire de Service Canada, effectue des contrôles aléatoires (contrôles de conformité) sans préavis et, s'il constate un manquement, applique des sanctions telles que :

  • Faire une mise en garde officielle avec une notification formelle de violation des règles.
  • Infliger des amendes comprises entre 100 000 CAD et 1 000 000 CAD.
  • Bloquer l'employeur dans le cadre du Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET) et du Programme de mobilité internationale (PMI).
  • Publier le nom de l'entreprise dans le registre public des employeurs qui ne respectent pas les normes en matière d'emploi.
  • Suspendre ou révoquer le LMIA, invalidant ainsi le permis de travail actuel.

Recommandations 

En cas de changement dans la situation professionnelle, les deux parties (employé et employeur) doivent se communiquer. 

Le travailleur doit être informé de la procédure et des risques liés à son statut, et l'employeur doit veiller à la bonne marche de son entreprise. La stratégie consiste donc à recourir à la divulgation volontaire, un mécanisme par lequel l'employeur informe volontairement l'ESDC de tout manquement ou erreur commis.

Une fois que l'ESDC aura pris une décision, l'employeur devra présenter une nouvelle demande de LMIA. 

Pour faciliter ce processus, chez Immiland Law Professional Corporation, nous disposons de l'outil « Parler à mon employeur », qui sert à orienter les deux parties.

Services migratoires 

Chez Immiland Law Professional Corporation, nous sommes des consultants agréés par le CICC et des avocats canadiens. Nous pouvons évaluer votre dossier afin de vous aider à gérer vos nouvelles procédures LMIA. 

Si vous souhaitez obtenir un devis notre service « Parler à mon employeur », cliquez ici ou écrivez à info@immilandcanada.com. 

Merci de nous avoir lu. Ne manquez pas notre prochain blogue sur la façon d'éviter les erreurs dans votre profil Express Entry.

Avec amour,

 Immiland Law Professional Corporation