Le LMIA appartient à l'entreprise, pas au travailleur : cas de fraude au travail et d'emprisonnement

Eddy Ramirez
5 mars 2026

Pour travailler au Canada, de nombreux ressortissants étrangers ont besoin d'un LMIA positif (Labour Market Impact Assessment) : il s'agit d'un permis délivré par le gouvernement à l'entreprise pour embaucher des étrangers après avoir démontré qu'il n'y a pas de Canadiens disponibles

Cette procédure est souvent fastidieuse et se prête également à la fraude au travail, car certains employeurs, profitant de la situation précaire des travailleurs, tentent de leur faire supporter des frais administratifs qui, selon la loi, leur incombent exclusivement.

Dans cet article, je vais vous expliquer ce qui se passe actuellement au Canada en matière de LMIA positive et les graves conséquences qu'il y a à accepter un « accord de bonne foi » pour payer la LMIA. Lisez cet article jusqu'à la fin et découvrez une affaire qui s'est déroulée en Alberta et qui a conduit à l'emprisonnement de trois employeurs.

Fraude à l'emploi dans le cadre de la procédure LMIA (Breach)

Lorsqu'un employeur fait une demande de LMIA positive, il doit payer à ESDC des frais administratifs officiels de 1 000 CAD. Si, une fois la procédure terminée, il demande au travailleur de « rembourser » les montants investis, il commet ce que l'on appelle en anglais : breach, c'est-à-dire le non-respect de ses obligations légales. 

Une violation n'est pas une simple erreur administrative ; il s'agit d'une rupture risquée du contrat légal que l'employeur a signé avec l'État canadien lors de la demande de permis.

La fraude devient évidente lorsque l'employeur prétend percevoir non seulement les 1 000 CAD, ce qui constitue déjà une fraude, mais aussi des montants supérieurs à 20 000 CAD, en arguant qu'ils doivent couvrir les honoraires d'avocats, de consultants et d'autres « frais de fonctionnement ». 

Légalement, c'est une farce. Tous ces coûts, des frais gouvernementaux aux frais de représentation juridique, incombent uniquement et exclusivement à l'entreprise. 

Important : Aucun travailleur international, même s'il a un besoin urgent de ce poste, ne doit accepter de couvrir ce paiement.

Non seulement cela est illégal, mais cela va également à l'encontre de vos droits en tant qu'étranger et, même si cela n'est pas connu, cela contribue à donner aux employeurs le sentiment qu'ils ont le pouvoir de transférer leurs obligations à celles du travailleur. 

L'illégalité des « accords à l'amiable » dans le paiement des frais administratifs 

De nombreux immigrants pensent que signer un « accord à l'amiable » pour payer le LMIA est le seul moyen d'entrer sur le marché du travail. Même si vous pensez qu'il s'agit d'une opportunité pour « aller de l'avant », sachez que cette idée est non seulement erronée, mais également nulle et non avenue sur le plan juridique. 

Au Canada, aucun contrat privé n'a le pouvoir d'annuler les protections prévues par la LIPR (Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés).

Cette loi fédérale garantit que les immigrants ne soient pas traités comme des marchandises. L'IRPA prévoit des mécanismes spécialement conçus pour éviter l'exploitation, reconnaissant qu'il existe un rapport de force inégal entre l'employeur et l'employé. La nécessité de préserver son statut ou de payer ses dépenses mensuelles ne devrait pas le mettre en danger de devenir « esclave » d'un système corrompu qui ne se maintient que grâce à l'ignorance de la loi.

Vous devez savoir que vos droits en tant que travailleur international sont inaliénables. Quel que soit votre pays d'origine, vous êtes protégé par un système qui, dans des villes comme Ottawa ou Calgary, valorise la justice sociale et l'intégrité du marché du travail. Ne laissez pas un accord « de bonne foi » devenir un outil d'exploitation à votre propre détriment.

Conséquences réelles : De la cuisine à la prison

Une affaire jugée en 2026 à Calgary, dans la province de l'Alberta, a bouleversé le secteur de l'immigration et marqué un tournant pour les employeurs. Un juge a condamné trois restaurateurs à 90 jours de prison pour avoir facturé jusqu'à 24 000 dollars canadiens à leurs employés pour des démarches administratives liées au LMIA.

Vaut-il la peine d'éviter de payer 1 000 CAD directement à l'État en échange d'une peine de prison ? Est-il juste de transférer le paiement (exagéré) du LMIA à l'étranger qui vient avec le désir de contribuer par son travail à la croissance économique du pays ?

Ce sont là des questions qui méritent réflexion, car le Canada est un pays doté de lois solides et ouvert aux immigrants, où il n'y a pas de place pour l'injustice envers les étrangers vulnérables. 

Ce précédent démontre que le système protège les immigrants contre l'exploitation et l'abus de confiance.

Si vous souhaitez connaître les détails de cette histoire, regardez la vidéo : Abus au travail : des employeurs en prison, sur notre chaîne YouTube.

De plus, la fraude ne se produit pas seulement lors du paiement ; elle existe également lorsque l'employeur modifie les conditions du TLC (traité de libre-échange) applicable ou du permis de travail fermé. 

Attention : Si vous êtes embauché pour un poste technique, mais que l'on vous oblige à effectuer des tâches de nettoyage ou à dépasser les heures autorisées sans rémunération légale, l'employeur manque à ses obligations envers le gouvernement.

Vous souhaitez savoir si votre procédure LMIA est menée dans les règles ou vous avez l'impression que votre employeur abuse de votre situation ? Chez Immiland Law Professional Corporation, nous pouvons vous aider.

Services migratoires 

Chez Immiland Law Professional Corporation, nous sommes des avocats canadiens et des consultants agréés par le CICC spécialisés dans le traitement des documents d'immigration. 

Si vous êtes employeur et que vous avez besoin d'obtenir des permis, des aides et des évaluations pour des travailleurs étrangers, vous pouvez vous connecter en tant qu'Employeur et demander un devis pour nos services.

Si vous êtes un employé étranger au Canada et que vous vous sentez exploité, n'hésitez pas à demander conseil à notre équipe en matière d'emploi. 

J'espère que ce sujet vous sera utile et vous permettra de rester informé de vos devoirs et droits en matière d'emploi au Canada. 

Merci de nous avoir lu. À bientôt pour un prochain article !

Avec amour, 

Immiland Law Professional Corporation