Pendant de très nombreuses années, la demande d'asile au Canada est devenue une option migratoire pour les personnes qui ne parvenaient pas à obtenir la résidence permanente par des voies économiques telles que le programme Express Entry ou la nomination provinciale. Certains demandaient l'asile parce qu'ils avaient réellement besoin de cette protection, tandis que d'autres s'en servaient comme d'un moyen détourné pour entrer dans le pays.
Au fil du temps, le nombre de réfugiés a commencé à augmenter de manière exponentielle. Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) s'en est rendu compte et, cette situation étant devenue insoutenable, a apporté des modifications au système.
Cela a suscité une vague de mécontentement chez de nombreuses personnes qui y ont vu une violation des droits constitutionnels dans le pays.
Mais s'agit-il d'une violation des droits ou d'une mesure légale valable ?
Dans cet article, je vais analyser cette situation et vous expliquer ce qui est en train de changer, afin que vous puissiez déterminer si vous avez réellement besoin d'une protection ou si vous devez envisager un autre projet d'immigration adapté à votre profil.
Le 26 mars 2026, le projet de loi C12 a été adopté, mais ce qui est frappant, c'est que le gouvernement lui a donné un effet rétroactif et qu'il concerne même les personnes qui ont déposé une demande d'asile avant cette date.
Le premier changement important est que la loi prévoit une interdiction (ban) qui stipule ce qui suit :
Par exemple : une personne est arrivée au Canada le 25 juin 2020 et a attendu un an avant de demander l'asile ; elle a déposé sa demande un an après son arrivée ou n'avait toujours pas déposé de demande au moment de l'adoption de cette loi. Ainsi, comme plus d'un an s'est écoulé depuis son entrée sur le territoire, elle ne peut malheureusement pas demander l'asile.
Selon une source officielle du site web de l'IRCC : À compter du 3 juin 2025,
Ces complications ont pour conséquence que certaines personnes ne sont pas éligibles, y compris celles qui avaient déjà demandé l'asile avant la promulgation de cette loi.
Scénario 1 : Une personne a demandé l'asile en septembre 2025, mais au moment précis où elle a déposé sa demande, cela faisait déjà 15 mois qu'elle était arrivée au Canada. En calculant, on constate que cette date dépasse le délai prévu par la loi ; elle n'est donc pas non plus éligible.
Scénario n° 2 : Une personne s'est rendue au Canada il y a 10 ans. Son séjour a été de courte durée (un mois). Elle est repartie, puis est revenue. La situation dans son pays d'origine l'a contrainte à demander l'asile après ce premier voyage.
Si cette personne a demandé l'asile, par exemple, en septembre 2025, et qu'elle venait tout juste d'arriver au Canada, qu'elle n'avait pas encore passé un an depuis son dernier voyage, mais qu'elle était déjà entrée au Canada il y a 10 ans (soit plus d'un an depuis lors), elle n'est malheureusement pas éligible pour que son dossier soit renvoyé devant la Commission de l'immigration et du statut de réfugié (CISR).
Scénario 3 : Un enfant s'est rendu au Canada il y a 15 ans pour participer à un championnat de football ; aujourd'hui, cet enfant a 18 ans et demande l'asile. Cette personne, même si elle a voyagé seule et bien que le demandeur principal soit sa mère ou son père, recevra une lettre d’inéligibilité l’empêchant de soumettre son dossier à la CISR. En revanche, celui de sa mère ou de son père serait accepté, car ils ne sont jamais entrés au Canada auparavant.
Scénario n° 4 : Les demandes d'asile ou de statut de réfugié déposées plus de 14 jours après l'entrée de la personne au Canada par la frontière terrestre avec les États-Unis ne seront pas non plus recevables. Ainsi, si une personne est entrée à pied ou par la frontière terrestre et que plus de 14 jours se sont écoulés au moment où elle a demandé l'asile, son dossier ne sera pas non plus recevable.
Même s’il est évident que l’afflux de réfugiés et le nombre de demandes en attente sont tels qu’il est logique et nécessaire que le gouvernement fixe des limites, le faire de manière rétroactive et sans exception constitue une aberration totale au regard du droit.
Personnellement, je pense qu'il devrait y avoir des exceptions.
Un mineur ne peut pas être exclu au motif qu'il a voyagé il y a tant d'années, pas plus qu'un adulte qui a voyagé à une époque où l'afflux actuel de réfugiés n'existait même pas.
Il est important de déterminer à quelle situation correspond votre cas.
Toutefois, vous aurez la possibilité de répondre dans le cadre du droit d'être entendu, par le biais d'une procédure appelée « Procedural Fairness Letter » (PFL).
Dans ces cas-là, il est conseillé de réfléchir à la manière et au moment de votre arrivée, de vérifier la date de votre entrée sur le territoire et de vous demander : « Suis-je au Canada depuis plus de 12 mois ? »
Si la réponse est oui, malheureusement, votre demande d'asile ne sera pas transmise à un juge en vue d'une audience.
Si vous avez moins de 12 mois et que vous déposez une demande d'asile avant d'avoir atteint cet âge, votre dossier sera transmis à l'IRB en vue d'une audience.
Il est important de garder à l'esprit que certains sujets sont très délicats à aborder ; par conséquent, s'il est établi que la personne n'est pas éligible, celle-ci recevra une lettre de équité procédurale; dans cette lettre, elle devra exposer les raisons pour lesquelles elle est arrivée au Canada il y a plus d’un an et n’a pas demandé l’asile.
Si cette lettre reçoit une réponse négative, plusieurs choses se produiront :
N'oubliez pas que lorsqu'on demande l'asile, on signe un « Departure Order » (ordre de départ volontaire) ; lorsque celui-ci est exécuté, la personne est tenue de partir.
Dans de nombreux cas, il n'y a pas d'audience et un agent vérifiera si la personne mérite réellement de rester, mais cela reste très subjectif.
Dès que vous aurez reçu la réponse indiquant que le dossier sera transmis à l'ASFC, prenez cette lettre et engagez une procédure de révision judiciaire.
L'objectif est que, face à une procédure de grande envergure, soit introduit un recours constitutionnelsoit une procédure par laquelle nous, avocats canadiens, cherchons à contester, à faire annuler ou à faire abroger ladite loi au motif qu’elle enfreint des dispositions constitutionnelles.
À la date de publication de cet article, nous restons dans l'expectative.
J'espère que ce sujet vous aidera à y voir plus clair.
Chez Immiland Law Professional Corporation, nous sommes à votre disposition pour examiner votre dossier et déterminer si nous pouvons vous représenter en justice.
Pour plus d'informations, n'hésitez pas à nous contacter: nous serons ravis de vous aider pour tout ce dont vous avez besoin.
Avec amour,
Immiland Law Professional Corporation